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Je vais vous raconter une petite histoire que j’ai déjà lue dans un livre.  Je ne l’ai pas oubliée car elle est d’une grande sagesse.  Je ne peux vous la citer dans les termes exacts n’ayant pas retrouvé ce livre.  Je vous l’écris dans mes mots en la transformant quelque peu.

Il était une fois un vieillard et son garçon qui habitaient sur une terre presque abandonnée. Ils étaient pauvres mais heureux.  Tous les deux habitaient dans une maison délabrée.  Le vieillard avait pour seule fortune, son fonds de terre et un bel étalon blanc.  Tout près de cet endroit, se trouvait un petit village où les gens n’étaient pas beaucoup plus riches.  Un jour, un personnage très riche arriva au village.  Il avait entendu parler du bel étalon blanc.  Cet homme alla voir le vieillard et lui offrit un million de dollars pour son cheval.  Le vieil homme refusa.  Cet étalon était plus qu’un ami pour lui.  Il faisait partie de sa vie.  Le personnage fortuné retourna donc chez-lui en sachant bien qu’il ne pourrait rien y faire.  Mais avant de partir, il alla voir les gens du village pour leur demander de convaincre le vieillard et de lui faire comprendre qu’il pourrait vivre dans la richesse.

Les gens du village se rendirent chez le vieux monsieur et lui demandèrent : «Pourquoi n’as-tu pas vendu ton cheval ?  Es-tu devenu fou ? Tu pourrais être riche !  Qu’est-ce qu’un cheval à côté d’un million».  Et le vieillard répondit :  «Qui êtes-vous pour juger de ce qui est bien ou mal pour moi ?  Est-ce qu’un message vous est parvenu du ciel ou est-ce votre intellect qui porte un jugement ?».

            Les gens du village retournèrent chez-eux en ne comprenant rien.  Quelques semaines plus tard, l’étalon blanc avait disparu.  Les gens du village retournèrent voir le vieillard et lui dirent :  «Nous avions raison.  Tu viens de perdre un million de dollars, vieux fou».  Et le vieillard répondit la même chose :  « Qui êtes-vous pour juger de ce qui est bien ou de ce qui est mal pour moi ?».  Les gens retournèrent encore chez-eux, sans comprendre.  Quinze jours plus tard, le magnifique étalon blanc revint à la ferme, accompagné d’une vingtaine de superbes chevaux sauvages.

            Les gens du village retournèrent voir le vieux fermier pour s’excuser et lui dire qu’il avait raison d’avoir gardé son cheval.  Le vieux sage répondit :  «Vous n’avez rien compris !  Vous êtes pris dans la roue du jugement, sans fin.  Quand arrêterez-vous donc de juger les événements de la vie ?  Qui vous dit que ce qui m’arrive est bien ou mal ?  Ce ne sont que des jugements sans aucun savoir.  Vous croyez seulement en ce que vous entendez ou vous voyez».  Les gens du village ne comprenaient vraiment plus rien.  Ils retournèrent donc au village en le traitent de vieux fou et de déboussolé.

            Quelques jours plus tard, le garçon du vieux fermier décida de dresser les chevaux sauvages.  Tout alla bien jusqu’à ce qu’il chute et se casse une jambe.  La roue du jugement tournait toujours pour les gens du village car ils retournèrent voir le vieillard encore une fois pour lui dire qu’il avait peut-être raison.  Ce qui lui arrivait devait être un grand malheur.  Le vieux fermier répéta la même chose :  «Vous ne faites que juger.  Vous ne savez pas si ce qui vient d’arriver est bien ou mal».

            Dans un laps de temps très rapproché, la guerre se déclara.  Tous les jeunes garçons du village partirent pour la guerre sauf un…le garçon du vieux fermier qui avait la jambe cassé!

A chacun sa vie.  À chacun de choisir ce qui est bien ou mal pour lui

Sylvain Landry

 

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